Interview Michaël De Koster head of innovation of e-mobility ENGIE

BRUSSELS February 22 2019: Interview La Libre Belgique de  Michaël De Koster,  responsable du « business development » et de l’innovation en matière de mobilité électrique et de l’hydrogène chez Engie. Il nous parle du rôle que devra jouer son groupe dans la mobilité de demain, et présente ses solutions tant pour les particuliers que pour les entreprises.

De quelle manière appréhendez-vous la question de la mobilité ?

Selon nous, elle s’inscrit dans une problématique plus large : celle de la transition énergétique, voire écologique. ENGIE est le premier producteur vert du pays et ambitionne de faire de la Belgique un champion de l’efficacité énergétique en améliorant l’efficacité et la performance énergétique de l’industrie, des bâtiments publics, des hôpitaux et des écoles par exemple, mais aussi évidemment celle des transports (métros, trains, voitures, parkings…). Penser la question de la mobilité, c’est donc réfléchir à la question de la consommation d’énergie. En tant qu’acteur responsable et majeur de l’énergie du pays, nous avons donc un rôle à jouer en la matière, être acteur de changement.

Les modes de déplacements de demain seront donc électriques…

Nous le croyons, oui. D’ailleurs, ils le sont déjà en partie. Pour 2030, nous estimons que 20% du parc automobile belge (soit 1 million de véhicules) sera électrique. Cette nouvelle consommation (3% de la consommation électrique belge), le système électrique sera capable de la produire et de l’absorber en chargeant les véhicules au bon moment. Le développement de la mobilité éle ctrique à terme a le double avantage de réduire le trafic via par exemple les voitures autonomes, mais aussi de renforcer le système énergétique par la capacité de stockage globalement disponible. Côté transports en commun, nous travaillons beaucoup pour électrifier non seulement le réseau, mais aussi la signalisation. En parallèle, nous développons la filière hydrogène, que ce soit pour les transports publics ou les véhicules utilitaires lourds.

L’électrique a néanmoins un coût pour l’usager…

Oui, mais que nous voulons contrebalancer cela par de nouvelles offres. La voiture électrique d’un particulier augmente par exemple de 40% à 50% la consommationannuelle de sa maison (c’est-à-dire de 2000-3000 kWh). Mais face à cela, nous avons mis sur pied un contrat de fourniture d’énergie verte appelé « Drive », qui offre une réduction d’environ 5% par kWh consommé. Si nous sommes capables d’offrir ces nouveaux tarifs, c’est parce que bien souvent, ces clients vont consommer leur électricité à des moments intéressants pour nous.

Comment travaillez-vous à l’émergence de cette mobilité électrique ?

Tout d’abord, en prodiguant des conseils à nos clients, qu’ils soient des particuliers ou des « fleet manager. » En effet, beaucoup d’entre eux ne connaissent encore pas bien les caractéristiques des véhicules électriques (prix, autonomie, recharges…). Nous répondons aux différentes questions qu’ils se posent. Ensuite, nous installons et gérons des bornes de recharge à destinations des particuliers, des entreprises, ou même des pouvoirs publics. Concrètement, nous installons des bornes là où le client le souhaite (bureau, domicile, parking, lieux publics). Pour ce faire, ENGIE a acheté il y a deux ans EV-Box, le leader européen dans les solutions de recharge de véhicules électriques (plus de 50.000 bornes dans le monde). Enfin, notre métier consiste à récolter et traiter des données et proposer des solutions énergétiques pertinentes.

Dans quel but ?

Pour notamment harmoniser la consommation électrique. Lorsqu’un « fleet manager » commence à s’occuper d’une flotte de véhicules électriques, la gestion énergétique peut vite devenir compliquée. Et notamment en matière de capacité de connexion avec le réseau. Imaginez que tous les travailleurs d’une entreprise viennent et repartent concomitamment en voiture électrique. Cela suppose qu’ils vont tous recharger leur véhicule en même temps et ainsi créer de gros pic de consommation. Pour l’éviter, nous mettons en place une solution de recharge intelligence (Smatch pour « smart charge ») qui lisse cette consommation durant toute la journée afin de permettre à chacun d’être servi au bon moment. S’agissant de la récolte et du traitement des données, nous facilitons aussi la vie de nos clients. Par exemple, si un travailleur recharge son véhicule professionnel chez lui, nous récoltons ses données de consommation électrique pour adresser ensuite la facture à son employeur.

Vos employés bénéficient-ils d’une politique ambitieuse en matière de mobilité ?

Ce que nous proposons à nos clients, à savoir un shift électrique, nous nous l’imposons à nous même, évidemment. Chez Engie, nous avons grosso modo un total de 1000 véhicules utilitaires légers ou de leasing que nous sommes en train de convertir à l’électrique. Pour la partie de ce plan qui concerne les véhicules de leasing, nous avons mis en place un package intéressant. Ce dernier offre aux collègues l’installation d’une borne chez eux, mais également la possibilité d’utiliser gratuitement un véhicule thermique durant 24 jours par an. En effet, nous nous sommes rendu compte que la crainte des travailleurs vis-à-vis de l’électrique était liée à son autonomie. Or, grâce à cet avantage, les travailleurs souhaitant partir en vacances en voiture le pourront. Enfin, nous avons des plans d’installation de plusieurs centaines de bornes sur nos sites propres.

Est-ce crédible de viser le 100% électrique ?

Oui, pour la plupart de nos usages ! Et nous parions sur l’avenir, car même si aujourd’hui le coût total d’un véhicule électrique est encore légèrement supérieur à celui d’un véhicule thermique équivalent, nous pensons que le shift vers l’électrique sera rentable d’ici 2-3 ans. Si les véhicules électriques sont plus chers à l’achat, ils sont plus intéressants à l’utilisation. Nous pensons en outre que le prix d’achat des véhicules électriques va diminuer dans les années à venir. Notons qu’au-delà de l’électrique, nous proposons chez Engie un plan plus large de mobilité. En effet, nous faisons en sorte que les travailleurs prennent d’avantage les transports en commun. Notre proximité avec la Gare du Nord à Bruxelles facilite les déplacements en train, en métro ou en bus. Depuis que nous nous sommes installés là en 2011, 25% de nos collègues viennent travailler en voiture. Avant, c’était 75%. C’est donc un véritable succès

LLN

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Interview Michaël De Koster head of innovation of e-mobility ENGIE

BRUSSELS February 22 2019: Interview La Libre Belgique de  Michaël De Koster,  responsable du « business development » et de l’innovation en matière de mobilité électrique et de l’hydrogène chez Engie. Il nous parle du rôle que devra jouer son groupe dans la mobilité de demain, et présente ses solutions tant pour les particuliers que pour les entreprises.

De quelle manière appréhendez-vous la question de la mobilité ?

Selon nous, elle s’inscrit dans une problématique plus large : celle de la transition énergétique, voire écologique. ENGIE est le premier producteur vert du pays et ambitionne de faire de la Belgique un champion de l’efficacité énergétique en améliorant l’efficacité et la performance énergétique de l’industrie, des bâtiments publics, des hôpitaux et des écoles par exemple, mais aussi évidemment celle des transports (métros, trains, voitures, parkings…). Penser la question de la mobilité, c’est donc réfléchir à la question de la consommation d’énergie. En tant qu’acteur responsable et majeur de l’énergie du pays, nous avons donc un rôle à jouer en la matière, être acteur de changement.

Les modes de déplacements de demain seront donc électriques…

Nous le croyons, oui. D’ailleurs, ils le sont déjà en partie. Pour 2030, nous estimons que 20% du parc automobile belge (soit 1 million de véhicules) sera électrique. Cette nouvelle consommation (3% de la consommation électrique belge), le système électrique sera capable de la produire et de l’absorber en chargeant les véhicules au bon moment. Le développement de la mobilité éle ctrique à terme a le double avantage de réduire le trafic via par exemple les voitures autonomes, mais aussi de renforcer le système énergétique par la capacité de stockage globalement disponible. Côté transports en commun, nous travaillons beaucoup pour électrifier non seulement le réseau, mais aussi la signalisation. En parallèle, nous développons la filière hydrogène, que ce soit pour les transports publics ou les véhicules utilitaires lourds.

L’électrique a néanmoins un coût pour l’usager…

Oui, mais que nous voulons contrebalancer cela par de nouvelles offres. La voiture électrique d’un particulier augmente par exemple de 40% à 50% la consommationannuelle de sa maison (c’est-à-dire de 2000-3000 kWh). Mais face à cela, nous avons mis sur pied un contrat de fourniture d’énergie verte appelé « Drive », qui offre une réduction d’environ 5% par kWh consommé. Si nous sommes capables d’offrir ces nouveaux tarifs, c’est parce que bien souvent, ces clients vont consommer leur électricité à des moments intéressants pour nous.

Comment travaillez-vous à l’émergence de cette mobilité électrique ?

Tout d’abord, en prodiguant des conseils à nos clients, qu’ils soient des particuliers ou des « fleet manager. » En effet, beaucoup d’entre eux ne connaissent encore pas bien les caractéristiques des véhicules électriques (prix, autonomie, recharges…). Nous répondons aux différentes questions qu’ils se posent. Ensuite, nous installons et gérons des bornes de recharge à destinations des particuliers, des entreprises, ou même des pouvoirs publics. Concrètement, nous installons des bornes là où le client le souhaite (bureau, domicile, parking, lieux publics). Pour ce faire, ENGIE a acheté il y a deux ans EV-Box, le leader européen dans les solutions de recharge de véhicules électriques (plus de 50.000 bornes dans le monde). Enfin, notre métier consiste à récolter et traiter des données et proposer des solutions énergétiques pertinentes.

Dans quel but ?

Pour notamment harmoniser la consommation électrique. Lorsqu’un « fleet manager » commence à s’occuper d’une flotte de véhicules électriques, la gestion énergétique peut vite devenir compliquée. Et notamment en matière de capacité de connexion avec le réseau. Imaginez que tous les travailleurs d’une entreprise viennent et repartent concomitamment en voiture électrique. Cela suppose qu’ils vont tous recharger leur véhicule en même temps et ainsi créer de gros pic de consommation. Pour l’éviter, nous mettons en place une solution de recharge intelligence (Smatch pour « smart charge ») qui lisse cette consommation durant toute la journée afin de permettre à chacun d’être servi au bon moment. S’agissant de la récolte et du traitement des données, nous facilitons aussi la vie de nos clients. Par exemple, si un travailleur recharge son véhicule professionnel chez lui, nous récoltons ses données de consommation électrique pour adresser ensuite la facture à son employeur.

Vos employés bénéficient-ils d’une politique ambitieuse en matière de mobilité ?

Ce que nous proposons à nos clients, à savoir un shift électrique, nous nous l’imposons à nous même, évidemment. Chez Engie, nous avons grosso modo un total de 1000 véhicules utilitaires légers ou de leasing que nous sommes en train de convertir à l’électrique. Pour la partie de ce plan qui concerne les véhicules de leasing, nous avons mis en place un package intéressant. Ce dernier offre aux collègues l’installation d’une borne chez eux, mais également la possibilité d’utiliser gratuitement un véhicule thermique durant 24 jours par an. En effet, nous nous sommes rendu compte que la crainte des travailleurs vis-à-vis de l’électrique était liée à son autonomie. Or, grâce à cet avantage, les travailleurs souhaitant partir en vacances en voiture le pourront. Enfin, nous avons des plans d’installation de plusieurs centaines de bornes sur nos sites propres.

Est-ce crédible de viser le 100% électrique ?

Oui, pour la plupart de nos usages ! Et nous parions sur l’avenir, car même si aujourd’hui le coût total d’un véhicule électrique est encore légèrement supérieur à celui d’un véhicule thermique équivalent, nous pensons que le shift vers l’électrique sera rentable d’ici 2-3 ans. Si les véhicules électriques sont plus chers à l’achat, ils sont plus intéressants à l’utilisation. Nous pensons en outre que le prix d’achat des véhicules électriques va diminuer dans les années à venir. Notons qu’au-delà de l’électrique, nous proposons chez Engie un plan plus large de mobilité. En effet, nous faisons en sorte que les travailleurs prennent d’avantage les transports en commun. Notre proximité avec la Gare du Nord à Bruxelles facilite les déplacements en train, en métro ou en bus. Depuis que nous nous sommes installés là en 2011, 25% de nos collègues viennent travailler en voiture. Avant, c’était 75%. C’est donc un véritable succès

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